La presse musicale au pied du mur

(...) Sans surprise, c'est Internet qui s'impose comme la bouée de secous dans laquelle les éditeurs placent le plus d'espoir pour regonfler leurs revenus publicitaires. Mint, régie des magazines Vibrations et Chronic'art, n'en fait pas mystère : " Nous venons de créer une section web dédiée à la vente d'espaces sur les sites de nos magazines, raconte Fabrice Régy, directeur associé. Les 100 000 visiteurs mensuels de chronicart.com, par exemple , nous permettent d'attirer des annonceurs. C'est une source de revenu non négligeable." Cependant, le dialogue avec les maisons de disques semble tarder à s'établir sur ce point. "On dit que les maisons de disques n'ont pas vu arriver Internet, mais les magazines non plus ! affirme Laetitia Rocca (directrice du marketing international chez AZ/Universal). Je suis très étonnée de ne pas être plus sollicitée pour acheter des bandeaux sur les sites des magazines. De plus, sur Internet, on peut mettre des liens, du son, c'est bien plus interessant qu'une simple page de publicité." Si les moyens de combler les manque à gagner publicitaire existent donc, certains n'oublient pas de mettre en avant le fait que c'est à ses qualités propres que la presse musicale devra sa survie. Car si l'invention de nouveaux modèles est nécéssaire, la presse musicale a encore des raisons d'être. (...) "Il est faux de dire que la presse ne fait pas vendre de disques, renchérit F. Régy. C'est un média de qualité, proche de sa cible et qui jouit d'une grande crédibilité aurpès de ses lecteurs. En outre, toutes les études montrent qu'Internet grignote sur les budgets pub alloués à la télévision, pas à la presse. C'est donc la télévision qui a le plus à craindre d'Internet." (...)

(Musique Info Hebdo - 14 avril 2006)